Couv Spirale 93

Pourquoi inscrire les arts & la culture dans nos vies quotidiennes ? Et pourquoi le revendiquer pour les tout-petits dès leur naissance ? Pourquoi défendre pour chacun la nécessité de chanter, lire, danser, peindre, dessiner, photographier, filmer, écouter ou jouer de la musique, rencontrer le théâtre, découvrir des musées, parler, jouer… tout autant que manger, dormir, bouger, toucher, caresser, babiller ? Pourquoi inventer avec les tout-petits, leurs parents, les professionnels de tous horizons des rencontres avec toutes les formes de langages artistiques ? Pourquoi militer pour une politique d’éveil artistique et culturelle pour les tout-petits et leurs familles ? Pourquoi considérer la lecture comme un art ? Comment réfléchir au financement de cette politique et aux modalités de sa mise en place ?

Dans ce numéro de Spirale, un seul mot d’ordre !
Cultivons l'esprit, l'imaginaire et l'esthétique des bébés...
et de nous tous !

Sur commande sur le site des éditions érès


Les contributeurs

Avec la participation de Laurent Bachler, professeur de philosophie au lycée Vaugelas (Chambéry), formateur sur la relation éducative. Mina Bouland, responsable du pôle Lecture publique jeunes, médiathèque André-Malraux (Tourcoing). Philippe Bouteloup, musicien et formateur, directeur de Musique et Santé. Marie-Claire Bruley, psychologue et psychanalyste libérale (Paris). Léo Campagne-Alavoine, directrice de l’Agence quand les livres relient. Martine Carpentier, directrice du Centre des Arts du Récit en Isère, scène conventionnée d’intérêt national « Art et Création » (Saint Martin d’Hères). Isabelle Chavepeyer, psychologue clinicienne, formatrice au fraje (Bruxelles). Joël Clerget, psychanalyste, membre affilié de la Société de psychanalyse freudienne (Paris) et de l’International Winnicott Association (France). Aimée de La Salle, chanteuse d’histoires. Katy Feinstein, bibliothécaire, spécialiste en littérature de jeunesse, fondatrice et présidente d’honneur du Centre des arts du récit (Isère). Sarah Genot, chargée d’actions éducatives à Cinémas 93 (Montreuil), membre fondatrice du collectif Les Doigts dans la prise. Sylviane Giampino, psychologue pour enfants et psychanalyste, présidente du Conseil de l’enfance et de l’adolescence au sein du Haut conseil de la famille de l’enfance et de l’âge (HCFEA). Bernard Golse, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université René-Descartes, psychanalyste, ancien chef de service à l’hôpital Necker-Enfants malades, président de Pikler Lóczy-France. Sophie Grelié, musicienne, metteuse en scène et pédagogue de l’éveil sonore et musical au sein de l’association éclats, espace de recherche et de création musicale (Bordeaux). Chantal Grosleziat, musicienne et pédagogue, coordinatrice de l’association Musique en Herbe (Noisy-le-Sec). Isabelle Hochart, chargée de l’action culturelle à la médiathèque départementale de l’Aveyron. Aurélie Lesous, chargée de mission au ministère de la Culture, éveil et éducation artistiques et culturels, famille et petite enfance. Corinne Lovera Vitali, auteure. Édouard Manceau, « illustrauteur ». Sophie Marinopoulos, psychologue, psychanalyste, fondatrice du concept d’accueil parents-enfants Les Pâtes au beurre (Nantes). Claire Mestre, psychiatre-psychothérapeute et anthropologue, chu de Bordeaux, présidente de l’association Ethnotopies, co-organisatrice du « Médecines et soins transculturels » à l’université de Bordeaux. Aude Petit-Dubousquet, coordinatrice du dispositif « Des livres et des bébés » à la médiathèque départementale de l’Aveyron. Dominique Rateau, présidente de l’Agence quand les livres relient. Patricia Riverti, psychologue et art-thérapeute, directrice de l’atelier Les Pinceaux, centre de formation à l’art-thérapie (Paris). Colin Sidre, conservateur des bibliothèques, ancien coordinateur du dispositif national Premières Pages (2015-2019). Joëlle Turin, spécialisée dans le domaine de l’album et de la lecture avec les jeunes enfants, formatrice. Graziella Vegis, directrice du centre de ressources du théâtre Massalia (Marseille).


 

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→ Ils nous en parlent : présentation vidéo des autrices et auteurs

 


Entretien avec Dominique Rateau,
présidente de l'Agence quand les livres relient

Qu'est-ce qui a motivé l'Agence à se lancer dans la réalisation
de ce numéro « Cultivons les bébés ! » ?

Photo DRateauL’Agence quand les livres relient a la grande chance de faire partie du collège de Spirale, la grande aventure de Monsieur Bébé ; c’est-à-dire que nous appartenons à cette équipe qui se réunit une ou deux fois par an à l’invitation de Patrick Ben Soussan directeur de la revue et de Marie-Françoise Sacryspeyre, qui dirige les éditions érès pour décider ensemble des thématiques des futurs numéros. Lorsqu’il a été question de consacrer un numéro aux arts et à la culture, nous nous sommes engagées à prendre la responsabilité de sa coordination. Pour de nombreuses raisons… Mais une est essentielle…

Depuis plus de trente ans, nous rencontrons des bébés et des familles… et nous savons par expérience que lire ensemble, jouer ensemble, découvrir des peintures ensemble, aller ensemble au cinéma et au théâtre, jouer et écouter de la musique ensemble, danser ensemble… ça fait du bien ! Nous savons que c’est aussi important que manger, boire dormir… Nous savons que ces rencontres permettent de nous sentir intensément vivants. Et que les liens tissés dans ces moments sont d’une grande qualité humaine. À condition que ces moments se situent dans un espace de jeu où les notions d’efficacité, de rentabilité, de contrôle, de résultat immédiat soient prohibés…

Malgré les missions, les préconisations établies, les savoirs et connaissances acquises grâce à l’expérience nous avons le sentiment de ne pas être entendus. C’est pour tenter de redire encore plus haut et plus fort ce que nous savons que nous avons réalisé ce numéro. Ensemble.

Que mettez vous derrière l'éveil artistique et culturel du tout-petit ?

J’ai entendu un jour à la radio que Chateaubriand, écrivain et homme politique français aurait dit au moment de sa mort : « Naître, désirer, mourir, c’était donc ça ! ». Je ne saurai jamais si cet homme a vraiment dit ça. Mais je l’ai retenu parce que ça me « parle ».

Tout commence par des sensations, des éprouvés… Les bébés naissent naturellement éveillés. Ils ont l’immense talent de vivre intensément le moment présent. Tous les sens en éveil les bébés découvrent le monde et tissent des liens… Vont-ils rencontrer des adultes suffisamment éveillés eux-aussi pour les accompagner dans leur capacité à sentir et ressentir, puis élaborer, bâtir, construire, créer ?

Tous les arts permettent de dire, d’élaborer, de représenter, d’exprimer… Ils disent et interrogent. Les artistes ont le talent de ne jamais renoncer à dire et ce dans différents langages. C’est sans doute un certain art de vivre que nous voulons partager. L’art de vivre ensemble. Se découvrir soi dans le lien aux autres. Eprouver, ressentir, élaborer une émotion, la mettre en forme, en mots, en sons… En représenter la complexité. L’éveil culturel et artistique, c’est cultiver le vivant en nous !

Comment repensez vous ces questions dans le contexte particulier
qui est le nôtre aujourd’hui ?

Je ne sais quoi dire… Lorsque nous avons demandé aux auteurs d’écrire ou de dire quelque chose pour ce numéro nous n’imaginions ni le virus, ni ses incidences sur nos vies personnelles et professionnelles. Nous n’imaginions pas non plus que tout à coup, la conscience de notre condition humaine d’être mortel serait au cœur de toutes les préoccupations et à la une de tous les médias… Rien ne sera plus comme avant l’expérience du virus et surtout celle du confinement. Mais de quelles façons ?

 Il me semble que deux dangers importants menacent les êtres en devenir humains que nous sommes : être considérés comme une valeur d’ajustement économique, être totalement infantilisés. Alors, nous allons lutter. Nous sommes forts de nos connaissances et de nos expériences avec les bébés et les familles. Nous savons qu’un tout-petit est à la fois fort et fragile. Nous savons que les arts et la culture au quotidien, ça ne se voit pas, ça ne fait pas la une des journaux, ça n’intéresse aucun média… mais nous savons que ça nous rend vivant. Alors nous allons continuer ensemble, vaillamment ! Dans le respect et la confiance.

 
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